Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

21 août 2012

Pasta (파스타)

Vous rappelez-vous Coffee Prince ? Vous savez, ce drama coréen que j'avais qualifié d'excellent anti-dépresseur ! Et bien, je crois que je viens de lui trouver un frère.

Pasta

Pasta n'a que seize épisodes, que l'on ne sent pas passer. Tous les épisodes donnent en prime l'eau à la bouche. En effet, le titre vous aura sans doute mis sur la piste, on parle dans cette série, de pâtes. Mais pas seulement.

Le décors central est la cuisine d'une restaurant italien, en Corée évidemment. Les deux protagonistes de cette comédie sentimentale sont le nouveau chef (Hyun-Wook), irascible et intraitable en plus d'être misogyne, et la cadette (Yoo-Kyung), tout juste passée du rang d'assistante (traduire par « bonne à tout faire », passage obligé pour tout cuisinier qui se respecte) à celui de cuisinière. Dès son arrivée aux fourneaux, le fameux chef met à la porte les cuisinières et chamboule toute l'organisation. Mais Yoo-Kyung est entêtée et prête à tout pour garder sa place en cuisine. Entre temps; Hyun-Wook a fait entrer ses cuisiniers, qui ont fait leurs études en Italie. S'installe alors une rivalité savoureuse entre l'équipe des Italiens et l'équipe des Coréens.

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Sympa les mannequins italiens, non ?

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Les Coréens, qui se sentent un peu dépassés.

En dehors de l'histoire somme toute assez convenue – quoiqu'il y ait d'assez bonnes surprises – on retiendra les personnages secondaires (tout en laissant de côté l'amoureux transi qui est trop mou et inutile), les scènes de cuisine (toutes ces pâtes... et ces belles assiettes), le rythme assez enlevé (tout est relatif1), la bonne humeur chronique, la voix de l'acteur principal (malgré son cheveu sur la langue, je suis amoureuse de sa voix, je ne sais pas pourquoi), le physique surréaliste de certains cuisiniers (après tout, nous sommes dans une série, alors pourquoi les cuisiniers n'auraient-ils pas le droit d'être mannequins ?), et d'autres menus détails qui m'ont donné un sourire niais pendant tout le visionnage. Ah, et j'oubliais la bande originale : pour une fois, la pop mielleuse est aux abonnés absents, du moins se fait-elle discrète, et au lieu d'un insupportable thème qui revient à chaque épisode, nous avons droit à tout une variété de musiques (peu de chansons) aux sons plutôt occidentaux, ce qui apaise l'oreille.

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Et nos deux amoureux !

Pour une fois, l'histoire d'amour n'est pas vraiment angsteuse. Les concernés sont francs et honnêtes. L'obstacle à surmonter a été posé par le chef lui-même : "pas d'histoire d'amour dans la cuisine". En fin de compte, il est son propre antagoniste. Et ces deux tourteraux ont le rire communicatif. C'est peut-être parce que je manque de culture dans le domaine, mais il est rare de voir des amoureux rire.

écharpes_collection

En bonnus, admirez la magnifique collection d'écharpes du chef !

Somme toute, une série à regarder sans modération, en période de procrastination, de déprime, ou tout simplement pour le quatre-heures.

PS : un jour il faudra que je fasse des recherches sur la notion de hiérarchie dans ce pays. Et aussi sur la place de l'Europe dans l'imaginaire coréen. Et aussi le statut de la nourriture (parce que dans toutes les séries, même les plus dramatiques, même dans les thrillers les plus violents, il y a au moins une scène autour d'une table, que ce soit un repas d'affaires ou une scène familiale... c'en devient intrigant).

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[1]
 Le rythme de base d'un drama est extrêmement lent, avec énormément de flashes baks et de ralentis, avec scènes contemplatives et méditatives.

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Points noirs & sac à dos

Points noirs et sac à dos

Titre Points noirs & sac à dos (oneshot)

Auteur : Leslie Plée

Editeur : Fluide Glacial (2012)

Ce qui m'a intriguée quand j'ai vu cette bande dessinée en rayon, c'est tout d'abord le titre. Ces paires pas toujours assorties, coordinations quasi-zeugmatiques, m'ont toujours fait sourire. Aussi cet amusant « points noirs et sac à dos » m'a-t-il suffisamment séduite pour que je lise la quatrième de couverture.

À l'image de la banlieue qui cumule les inconvénients de la ville et de la campagne, l'adolescent présente à la fois les défauts des adultes et ceux des enfants. Ils sont matérialistes et blasés comme des adultes et ils sont cruels, bêtes, égoïstes, physiquement disproportionnés comme des enfants (j'adore les enfants).
J'ai 13 ans, je ne le sais pas encore, mais je ressemble tellement à ma banlieue.

Cette comparaison singulière et ce portrait peu flatteur de l'âge ingrat ont fini de me conquérir, et je suis repartie, l'album sous le bras.

Portrait au vitriol de l'adolescence, tout comme le laissait présager l'extérieur du livre, Points noirs & sac à dos a cependant le malheur d'être par trop vulgaire. Certes, ce sont des adolescents de banlieue qui parlent, et rien n'est plus véridique que ce parler moucheté d'injures et d'insultes. Mais je ne trouve pas que ce soit une bonne raison.

Malgré cela, l'histoire de cette bande de copines – la narratrice est en 4ème et raconte son année scolaire – a quelque chose de tellement vrai que j'ai eu plus d'une fois l'impression d'avoir vécu la même chose. Et ce ne sont pas de bons souvenirs. Sans doute cette histoire est-elle conçue comme humoristique, je ne sais, mais je n'ai pas réussi à rire. Au contraire, plus d'une fois je me suis sentie mal à l'aise, probablement à cause de cette résonance au fond de ma mémoire. Le collège représente pour moi les pires années de ma scolarité, alors l'écho est plutôt grinçant.

Je ne sais pas s'il s'agit d'un livre pour adolescents. Je n'en ai pas eu l'impression. Pour moi il s'agit plutôt d'un livre sur l'adolescence, à destination d'adultes qui l'ont déjà vécue. Mais peut-être me trompé-je. Quoiqu'il en soit, mon sentiment à l'égard de ce livre est mitigé : je ne sais pas vraiment qu'en penser. C'est intelligent, c'est pertinent, mais trop douloureusement véridique pour me plaire.

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