Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

16 août 2012

Thermae Romae III

Thermae Romae - 3

Si la répétition peut devenir lassante, ce troisième opus thermal présente un épisode qui réveille l'intérêt somnolant du lecteur.

Notre ami architecte Lucius, comme à son habitude, choit dans l'eau – ici dans un vivier de rougets, chez un affranchi parvenu qui n'a pas été sans me rappeler le fameux banquet du Satiricon. Il ressort de l'eau près de deux mille ans plus tard, dans un bassin de carpes décoratives en restauration, au cœur du Japon.

D'ordinaire, ce cher concepteur de bains se contente de sortir à un moment incongru dans des bains de toutes sortes au Japon, d'en tirer une idée géniale qui résout son problème à Rome au Ier siècle, et de retourner chez lui suite à un second bain.

Ici, il débarque alors qu'il est en conflit avec son employeur : le richissime parvenu veut des thermes en or, et lui, en esthète qui se respecte, préfère de loin la sobre élégance du marbre et des mosaïques. Une fois sorti du bassin japonais, il rencontre un architecte, chargé de la restauration des bains auxquels appartient le bassin de carpes. Et le propriétaire, un riche parvenu également, veut des thermes « à la romaine » qui n'ont rien de romain. Le pauvre architecte se désole pour la beauté de l'art et regarde d'un air désespéré la baignoire en or massif qu'a commandée le fameux propriétaire. Parallèles, parallèles, donc.

Pour une fois, le problème de Lucius n'est pas le seul. Pour une fois, c'est donnant-donnant, créant ainsi un soupçon de début de paradoxe temporel (absolument absent des autres chapitres). Pour une fois, il y a un véritable échange, malgré la barrière du langage, entre les deux mondes. Pour une fois, on se rend compte que Lucius a du talent, même sans l'aide d'une autre civilisation.

Du coup, ça donne de l'espoir pour la suite : l'idée n'est pas totalement épuisée, l'auteur semble avoir encore de la ressource.

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Sept détectives

Sept détectives

Titre Sept détectives (oneshot)

Scénario : Herik Hanna
Dessin et couleurs : Eric Canette

Editeur : Delcourt (2012)

Sept détectives de renom réunis à Londres par un inspecteur de Scotland Yard pour élucider une affaire de meurtres dans une atmosphère plutôt glauque.

Si en ouvrant la bande dessinée je m'attendais à voir sept détectives rendus célèbres par la littérature, j'ai été grandement désappointée. Aucun nom n'a eu l'heur de me rappeler un quelconque personnage. Mais au fur et à mesure de l'histoire, j'ai commencé à avoir des suspicions.

Nathan Else, londonien émacié fumeur de pipe, dont le grand ennemi n'est autre qu'un médecin nommé Mortime, qui a failli mourir au cours d'une lutte sans merci en Suisse aux abords d'une chute d'eau. Sans compter son ami, ici présent, le docteur Eaton.

Ernest Patisson, détective suisse à la moustache imposante, qui aime discuter et vit à Londres depuis peu. Courge ou liliacée, quelle différence ? Qu'on soit suisse ou belge, il y a peu pour un anglais qui vous prendra de toute manière pour français. Patisson, Poirot...

Adélaïde Crumble, la vieille fille du nord de l'Angleterre, a un petit côté Miss Marple. (Elle n'est pas si vieille, mais sans doute s'agit-il de licence artistique : il faut bien qu'il y ait le cota de jeune fille appétissante dans une bande dessinée commerciale – et la série des 7 est un peu commerciale malgré tout.)

Et je passe sur le flic d'outre-Atlantique (j'ai cru lire qu'il serait un parfait Marlowe, mais ma culture en littérature policière est trop limitée pour que je puisse le confirmer), l'inspecteur français et l'ancien flic renié par les services de police suite à un échec cuisant au cours de sa carrière.

Somme toute, les personnages et leurs relations sont assez savoureux. Vous devinez qu'avec tant de cerveaux et d'égos réunis autour d'un même mystère l'enquête ne va pas se passer sans heurts. Et si le graphisme est très réussi – décors superbes, personnages inquiétants, couleurs sombres – l'enquête en elle-même m'a déçue. Sans doute la difficulté affirmée est-elle peu crédible quand on sait l'excellence des protagonistes. Cette histoire m'a rappelé une enquête que j'avais lue, qui se déroulait au cours d'une murder party.

Somme toute, une histoire intéressante dans un univers inquiétant, à lire pour les portraits des détectives plus que pour l'enquête.

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