Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

22 novembre 2011

My Fair Lady (1964)

(ren-vu le 19/11/2011 ; VOST ; DVD)

Le jour où, il y a fort longtemps, je découvris My Fair Lady, ma vie en fut toute bouleversifiée. L’histoire, quand on est jeune et naïve fait rêver : une jeune fille, qui vend des violettes à la sauvette, se retrouve brusquement projetée dans le grand monde et vêtue comme une princesse. Au yeux d’une gamine, ce sont les robes début-XXe et – surtout – les rangées interminables de livres dans le bureau du professeur, qui font rêver. Et, le souvenir de mon premier visionnage resta celui de la chanson du célibataire endurci et misogyne, qui m’avait fait énormément rire.

My Fair Lady

Aujourd’hui, ce qui me séduit, c’est le fait que deux des trois personnages principaux soient des linguistes (un acousticien et un spécialiste des dialectes de l’Inde) et que le troisième soit interprété par Audrey Hepburn (parce que, quand même, elle est la classe incarnée). Non mais, faut oser partir d’une idée aussi tordue ! Il faut le sortir au producteur, un truc pareil : « mon protagoniste est un imbuvable linguiste qui décide qu’en modifiant l’accent d’une fille des rues, il peut en faire une lady, quel budget me donnez-vous ? » !

Bien sûr, l’histoire est bourrée de moments drôles, de chansons (c’est une comédie musicale, ne l’oublions pas, même si la pièce dont elle est tirée n’a rien de musical), de costumes sublimes et d’idées qui font réfléchir. Quand on se met à déclamer « ma tante elle a clamsé » avec l’accent pincé des aristocrates, on se rend compte que l’appartenance à une classe sociale se démarque par bien plus qu’un simple accent.

Quant à l’histoire d’amour (ben oui, forcément), elle est criante de réalisme : non qu’elle soit réaliste dans le sens où un homme de la haute épouse tous les jours une marchande de fleur, mais dans la mesure où chacun des personnages a sa part de défauts (et même une part énorme dans le cas du professeur Higgings), et qu’il ne la perdent pas par miracle. On sent que la vie ne sera pas facile tous les jours quand tombe le rideau. Mais peu importe, on sourit devant le moment doux-amer. (Bon, je me suis rendu compte bien après que la pièce originale ne se termine pas par un mariage, et que chacun reste de son côté, ce qui somme toute est encore mieux. Mais ce film reste une production hollywoodienne, on ne peut pas tout avoir !)

En un mot comme en cent : ce film est une véritable perle.

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Intouchables

Résumé (allociné)

A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables.

Intouchables

 

Bon, alors, comme souvent, le résumé est loin de rendre hommage au film. D’autant moins que j’avais lu une critique qui analysait le terme « intouchables » avec beaucoup plus de justesse : bien loin d’être intouchables parce qu’au-dessus des autres, ils sont plutôt vus comme appartenant à la caste indienne des intouchables, ces hommes au plus bas de l’échelle sociale, exclus du système. Ce qui correspond bien mieux à nos deux lascars.

Non que Philippe soit un opprimé au sens social du terme : il est riche, immensément riche, habite un hôtel particulier de toute beauté au cœur de Paris et se paye même le luxe d’un jet privé. Mais voilà, il est paraplégique. Ce qui fait de lui un être totalement dépendant, malgré toute sa richesse.

Par contre, Driss, lui correspondrait effectivement à la description d’un intouchable en Inde. Jeune homme des cités, exclu du système. Homme de rien, qui se pointe à l’entretien pour toucher ses assédics, qui sort de prison, qui n’a aucun savoir-vivre. Mais qui en même temps est le seul à ne pas regarder Philippe avec pitié. Lui n’est rien au regard de la société, il ne vaut rien, n’a aucun pouvoir. Mais, pour Philippe, il est tout : « ses bras et ses jambes » d’abord, mais tant d’autres choses aussi.

L’alchimie des personnages est extraordinaire. Même les personnages secondaires sont excellents : de l’adolescente qui sort avec son « plumeau » à la jolie secrétaire en passant par Yvonne (je ne parvient pas à nommer le rôle qu’elle a dans tout ça) et la famille de Driss. On rit franchement, mais sans pour autant faire de mal aux personnages. Ce que je veux dire, c’est que, pour une fois, on ne rit pas aux dépens des personnages, ils ne sont pas ridicules. Jamais. On n’oublie pas l’importance de l’Homme-avec-un-grand-H, que l’on voit tel qu’il est.

Ce film est tellement bon que je ne parviens pas à l’exprimer tel que je le voudrais. Un film drôle, profond, humain, profondément drôle, drôlement humain, profondément humain ? Sans doute n’y a-t-il pas grand chose à ajouter.

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Vidi

Ce week-end, alors que le travail m'attendait sagement sur mon bureau :

- rererere-vu My Fair Lady ;

- été au cinéma pour voir Intouchables : salle comble, un dimanche matin à 10h, impressionnant. Mais ça valait le coup.

(PS : les liens pointent sur l'article leur correspondant.)

My_Fair_Lady Intouchables

Posté par incitatus à 14:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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