Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

30 novembre 2010

Cure de Jouvence - part two

imgUne invitation à l'Opéra, ça ne se refuse pas. Un invitation à l'Opéra royal de Versailles, ça se refuse encore moins. Que dire, donc, d'une invitation à l'Opéra royal de Versailles pour un ballet baroque, sur musique de Mozart et Gluck, avec décors en toile peinte?
Évidemment pour rien au monde je n'aurais manqué ça! Surtout avec la promesse que l'on pourrait se glisser derrière le rideau après le spectacle pour admirer l'envers du décors.

Nous sommes arrivés dans la cour pavée, puis sommes entrés dans les couloirs du château, ou plutôt devrais-je dire corridors. Nous avons été accueillis, placés avec soin, dans le parterre, au deuxième rang, pour avoir le plus de profondeur possible sur le décor.

Les lumières s'évanouissent, le rideau se lève. Et là je reste bouche bée devant le spectacle. Le décor est encore plus beau que ce qu'on pourrait espérer. C'est gigantesque, c'est sublime! Arbres, buissons, colonnades, ciels nuageux peints sur d'immenses toiles. On se croirait dans un tableau du XVIIIe siècle, vous savez, ces tableaux bucoliques à la végétation mousseuse? Et la musique, tout aussi belle, qui rythme le pas des danseurs dans leurs costumes colorés et chatoyants. C'est merveilleux. Les changements de décors donnent le vertige. L'odeur du bois et de la peinture m'enivre. Ça fait rêver, complètement. Pour un peu, on se croirait à un autre siècle.

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Les danseurs sautillent, virevoltent, se chamaillent. Les instruments valsent et chantent leurs airs des siècles passés. Et le décors est là, majesté incontestable dans le cadre merveilleux de l'Opéra royal.

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L'escalier en demi-lune côté jardin, trois étages plus haut, nous passons une porte dérobée et déboulons sur la scène, ou plutôt, au-dessus de la scène. La vue sur les cintres, les projecteurs, les décors vus du haut. Nous descendons un petit escalier en bois et tomettes, et nous foulons le bois craquant de la scène. On se sent minuscule dans l'immensité des murs et des toiles.

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J'ai l'impression de réaliser un rêve de gamine, quand petite, je rêvais de passer à la suite des personnages dans les romans d'Annie Jay ou d'Annie Piétry pour courir le long des passages dérobés du château, d'aller dans les endroits interdits au public.

J'ai eu le plaisir de voir que j'étais encore capable de m'émerveiller, comme la petite fille que j'étais s'était émerveillée il y a plus de dix ans devant le monde des Poupées à Disney Land...

Je suis ressortie, il neigeait, et c'est avec encore des étoiles dans les yeux que j'ai regagné mon appartement parisien.

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29 novembre 2010

Cure de Jouvence - part one

Des souvenirs d'enfance, plus ou moins identifiés, gravitent encore dans ma mémoire. Des morceaux de contes, associés à des lieux, à certaines personnes, à des circonstances. L'histoire de la princesse enfermée dans une tour, cette princesse aux cheveux interminables, reste associée à ces fiches rangées dans une boîte, que la voisine de ma grand-mère, dans le midi, nous avait offertes, à ma sœur et moi. J'ai oublié son nom, mais me souviens de l'histoire.

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Et surtout, le plaisir de voir un film d'animation où on rit, on pleure (personne ne se moque: oui j'ai pleuré devant Raiponce), où on retrouve son âme d'enfant. Une espèce d'entrain de gamine m'a saisie quand je suis sortie de la salle. Sans doute l'esprit pas trop sérieux, le graphisme magnifique (n'ayons pas peur des mots) et les personnages tous plus réussis les uns que les autres m'ont-il permis d'apprécier le film avec un regard moins critique et d'oublier rapidement les chansons cucul-la-praline et la musique peu originale.

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Pour revenir sur le graphisme, je veux préciser qu'il est vraiment réussi. Certes, il n'est pas follement original, mais on retrouve la beauté des décors que l'on attend d'un vrai conte de fées: cascades, clairières semées de fleurs, arbres millénaires, ville au château immense. Quant aux personnages, ils sont tous beaux. Même les méchants ont quelque chose de très réaliste dans leur démarche (les deux frères roux sont particulièrement frappants). (Et Flynn ressemble au copain de ma sœur... c'est étrange comme impression.)

Raiponce

S'il ne reste pas vraiment de répliques cultes, on retiendra néanmoins les références multiples tant aux autres histoires déjà traitées par Disney qu'à de grands classiques du cinéma. L'anti-héros boulet mais attachant, prénommé Flynn, et dont la tête est placardé partout dans la forêt, n'est pas sans rappeler Erol Flynn dans son rôle de Robin des Bois. Sa séance de chapardage avec envol sur les toits fait penser à Aladdin, la sorcière a des airs de Reine de Blanche-Neige, Raiponce une touche de Princesse Aurore et de Cendrillon, l'auberge du Canard Boîteux, des accents de tavernes maintes fois entendus. Mais tout est pris en décalé, ou est souligné, et pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai eu l'impression que les studios Disney avaient appris le sens d'« autodérision ».

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Flynn s'appelle en fait Eugène: on était fait pour s'entendre lui et moi. Le cheval qui se prend pour un chien de chasse – scènes hilarantes à l'appui – n'a d'autre nom que Maximus!

Et puis, l'histoire commence sur une larme de soleil, poésie depuis trop longtemps délaissée par les créateurs de dessins animés, enfin remise au goût du jour.

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27 novembre 2010

Hiems, hiemis

C'est la fin de la journée. Déjà la lumière s'affaiblit. Il fait très froid, d'un froid mordant, depuis ce matin. Dans la salle de classe, nos yeux hagards se fatiguent devant les écrans des ordinateurs. Les explications du professeurs sont nombreuses. Rapides. Nous peinons à suivre. C'est vendredi après-midi, et la fatigue de la semaine se fait sentir. Les absents dans les rangs sont de plus en plus nombreux.

Capture

Soudain, les visages se détournent. Les yeux s'écarquillent et les sourires s'étirent. Notre attention est désormais complètement monopolisée par les flocons duveteux qui tombent sur les toits de la capitale. Nous avons entre vingt-deux et vingt-huit ans, et nous gloussons devant cette vision un peu magique malgré tout.

Ce matin, quand je me suis levée, les toits de mon impasse étaient encore saupoudrés, même si partout ailleurs dans Paris, de neige, il n'y avait plus trace. Mon impasse est un peu comme hors-les-murs, dans Paris mais hors du monde. J'aime cet endroit.

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23 novembre 2010

Le latin, c'est utile!

Aujourd'hui, j'avais presque oublié que j'avais un contrôle continu de logique. Un petit DST d'une heure. C'est que c'est étrange, d'être en Master et d'avoir des DST...

Hier, il y avait eu un cours de rattrapage, mais hier, je travaillais, et j'avais prévenu le prof que je ne pourrais pas venir. Seulement, ça a dû rentrer par une oreille et ressortir par l'autre: que vois-je en question 2? Un mot bizarre, que je ne connais pas dans ce contexte et dont j'apprendrai après le contrôle qu'il avait été vu la veille... Bref.

Que sont donc deux formules consistantes? Est-ce qu'on peut dire d'α qu'elle est consistante avec β? Et mes yeux de cligner bêtement devant cette question. Mon cœur se serre douloureusement: je suis en train de jouer un tiers des points tout de même!

Alors me vient à l'esprit l'idée que j'ai fait du latin dans mon  cursus long et tordu, et que j'ai fait beaucoup d'études de racines. Consistant... Cum, "avec" + si, redoublement de présent + racine sto, "se tenir" + suffixe de participe présent. Deux formules consistantes seraient donc deux formules qui se tiennent côte à côte? Cela tombe bien, elles sont toutes les deux satisfaites dans le monde (q)! Je tente ma chance...

La correction juste après me dira que j'ai eu raison. Faire du latin est toujours utile! Le latin m'a sauvé la mise, pour cette fois.. Vive le latin!

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22 novembre 2010

Rien ne va plus

Il n'est pas encore huit heures et demi que déjà on sent un vent de panique parcourir les quelques professeurs qui professent à une heure si matinale: il n'y a plus une seule ramette de papier dans tout le collège. Catastrophe! Une enseignante de français est même venue mendier au CDI, mais je n'ai pu lui donner que quelques malheureuses feuilles.

Deuxième problème, de taille: plus de lumière au CDI! Seul l'ordinateur du documentaliste fonctionne encore. C'est un coup de chance. Même internet fonctionne, ce qui signifie que la salle informatique n'est pas hors service (le serveur y est situé). Mais la conséquence fâcheuse, c'est que je ne peux faire de tri, avec la pénombre qui règne dans l'endroit. Au moins, je n'aurai pas d'élèves, jusqu'à ce que soit rendue la lumière!

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20 novembre 2010

Amoena vita

Le ciel est d'un beau bleu, le fond de l'air est frais, presque froid, mais sec. Il ne pleut plus depuis trois jours, et pour la première fois depuis plusieurs semaines, il ne fuit plus dans ma salle de bain. Mon poids a recommencé à descendre, et c'est le pas léger que je suis remontée de Bâlard jusque chez moi, sous la caresse d'un soleil d'hiver.

Georges Brassens, le marché grouille. Les mille couleurs des fruits et légumes, les potirons me font de l'œil, et les poissons béent sur l'étal, voisins des poulets rôtis et côtelettes. Le clocher se met à faire résonner son carillon. J'ai l'impression que c'est dimanche, un beau dimanche matin de novembre.

La vie est belle. Je me promène à Paris sous le soleil et je me sens chez moi. Deux voitures m'ont gentiment laissée passer, piétonne. Et j'ai fait du latin avec mon élève.

Finies les crises d'angoisse et insomnies du début de semaine. Je suis bien. Amoena vita.

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16 novembre 2010

Poussée par ma gourmandise

Cannelle, gingembre, noix de muscade, clous de girofle... Quatre épices jetés un peu au hasard, sans doute parce que leur nom m'a séduite avec leur air de contrée lointaine, dans le velouté poudré du cacao amer. Le lait mousse et bouillonne. Il est temps. L'ingrédient magique est prêt: l'agar-agar est saupoudré délicatement dans le liquide parfumé.

Bientôt, j'aurai un superbe flan aux arômes d'hier pour accompagner ce temps monochrome, et le tout sans déborder de mes limites pas si draconiennes que ça mais assez contraignantes malgré tout.

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15 novembre 2010

Double

Le soleil n'est pas levé, que déjà j'apprends quelque chose de cocasse. Xavier Dolan, réalisateur des Amours imaginaires et acteur que je rangerais plutôt dans la case "intellectuels", est aussi le doubleur québécois de Rupert Grint, alias Ronald Weasley, dans Harry Potter... Le rapprochement des deux est hautement hilarant, de mon point de vue. Mais sans doute est-ce le manque de sommeil qui fait cet effet.

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13 novembre 2010

Τιτιτιτιτιτιτι τίνα λόγον ἄρα ποτὲ πρὸς ἐμὲ φίλον ἔχων;

Soir de fête, nous allons à la Comédie Française. Sur scène : Les Oiseaux, du grand Aristophane. Je reconnais que je suis curieuse de voir ce qu'on peut faire avec des textes comme ceux d'Aristophane.

Nous prenons place – corbeille, premier rang, plein centre, s'il-vous-plaît. Nous sommes loin du poulailler de la Terminale. Bien loin. Ce sont presque des places présidentielle, royales.

Le spectacle commence.

Un décors assez génial, avec une perspective impressionnante. Un petit côté « tableau renaissance » avec ses colonnes. Il donne l'impression que l'on voit à des kilomètres derrière, là-bas, tout au fond. J'ai même la sensation qu'il n'a pas de fond.

Des costumes magnifiques. Couleurs chatoyantes et plumes virevoltantes. Mes yeux sont contents. Visuellement, la mise en scène est très réussie.

Mais quant au partie pris d'adaptation, il y a des choses qui m'échappent. Certes, je n'ai jamais lu la pièce originale, mais cette histoire d'oiseaux-comédiens me paraît louche. D'après mes souvenirs, cette pièce s'en prenait aux dieux. Point. Il n'y avait pas mise en abyme. D'ailleurs, ça me paraît peu grec. Bon, je reconnais que ma culture dans le domaine laisse à désirer. Mais après avoir lu le début de la pièce hier – Wikisource est mon ami – je suis en mesure de confirmer.

Si ce parti-pris était intéressant, le coupler avec une adaptation sur le plan politique faisait trop. On y perdait en clarté. Il eût fallu forcer le trait dans un sens ou dans l'autre, mais pas faire un entre-deux qui nous a laissées perplexes à la fin de la pièce.

Parce que lorsque le rideau est tombé, nous étions extrêmement perplexes. Nous n'avions pas vraiment compris où cela voulait en venir.

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Petit bonus : dans les escalier, je croise un visage connu. J'ai à peine eu le temps de foncer pour échapper à celle que je venais de reconnaître comme étant une de mes anciennes élèves troisième. Et dehors, son frère et ses parents attendaient. Je n'ai pas trop traîné dans les parages. Non mais, croiser deux élèves à Paris, un jeudi soir, c'était tout de même hautement improbable!

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08 novembre 2010

Dégoût

Je me sens malade. Je n'ai pas mal au crâne, ni même à la gorge. Non, je me sens nauséeuse. Il me donne envie de vomir.

Il a une façon de penser et d'exprimer les choses – ou de ne pas les exprimer – qui me donnent juste envie de croire qu'il n'est pas celui que je connais. Que l'homme dans lequel j'ai cru si longtemps, que la personne en qui j'ai eu confiance et dont j'ai été fière toutes ces années n'est pas celui qui aujourd'hui se croit tout permis sous le seul prétexte que ça lui fait plaisir.

Il pense que sa femme et ses enfants, ce n'est pas pareil. Drôle de définition et de conception de la famille. Parce que selon lui la famille, ce n'est pas un tout*?

Qu'un homme de son âge se défausse ainsi de ses responsabilités, qu'il renie aussi facilement un engagement pris il y a vingt-cinq ans, ça ne me donne pas envie de croire en l'humanité. Que les hommes soient capables de telles bassesses, alors qu'un enfant qui fait la même chose est puni, est tout simplement impensable.

L'homme est barbare. La civilisation n'est qu'un vernis trop vite gratté. L'homme est un égoïste. La société n'est qu'un leurre, où chacun se lorgne, attendant que l'opposant attaque le premier. Chacun défend son « bonheur », mais à quel prix!

Il y a des jours où l'humanité est laide. Hideuse. Et lui est un des éléments de cet ensemble le plus en-dessous de tout.

Il fait pitié.


* Ce n'est pas aux homosexuels qu'il faudrait interdire le mariage, c'est aux gens comme lui.

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