Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

26 octobre 2010

Civilisation?

Quand j'étais au collège, j'adorais apprendre. Je me souviens que je buvais les paroles de la plupart des professeurs, et même quand je n'aimais pas la matière – mathématiques, SVT – jamais je n'ai raté une miette du cours. Jamais mon attention n'a faibli. J'avais horreur des exercices de groupe, des débats et autres activités qui me sortaient de ma passivité. Mais si le professeur parlait, alors tout allait bien. Pas besoin de réfléchir: on m'apportait la connaissance sur un plateau, et j'écoutais ça comme une histoire qu'on m'aurait racontée le soir, avant de m'endormir.

Quand j'étais au collège, je n'aimais pas les vacances. J'avais envie d'apprendre. Ou plutôt, j'avais envie qu'on me raconte des choses que j'aurais à retenir. Le seul effort que j'acceptais, c'était la mémorisation et l'apprentissage. Le reste est trop fatiguant, je pense.

Il est resté de tout ça que je suis capable de ne pas ouvrir la bouche de la journée, capable d'écouter un professeur parler pendant plus de quatre heures sans broncher. Je ne dis pas que je suis attentive pendant les quatre heures, mais que je ne bavarde pas ni ne bouge.

Or, ces deux derniers jours, je me suis rendu compte que peu en sont capables. Dans cette salle de classe, où nous étions une quarantaine de professeurs en formation, il y en a qui bavardaient sans arrêt, ne prenant même pas la précaution de baisser la voix, d'autres qui interrompaient sans arrêt, n'attendant pas même que la formatrice ait terminé sa phrase... j'étais assez éberluée d'un tel manque de civisme. Mais, comme a dit notre dernière formatrice:

« La barbarie, c'est notre fond de commerce. »

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Formatation

Impressions à chaud, lundi midi

Il y a ceux qui bossent en Seine-Saint-Denis et qui pensent avoir plus de difficulté que tout le monde, ceux qui contestent les réformes, ceux qui racontent leur vie, ceux qui ne sont jamais contents, ceux qui pensent qu'ils n'y arriveront jamais, ceux qui sont persuadés que leur problème est le pire de tous et qu'il est insoluble, ceux qui sont sûrs d'eux et qui la ramène tout le temps...

Et moi dans tout ça, j'ai l'impression que je ne corresponds pas au modèle. Je suis encore étudiante, alors que tous les autres sont sortis de leurs études – depuis longtemps déjà pour certains (je pense entre autre à ces mères de famille qui reprennent une activité professionnelle). J'enseigne le latin, quand les autres sont profs de maths, d'histoire ou d'anglais. Je suis dans un collège-lycée où les gamins ne sortent pas franchement de milieux aisés, alors que selon les dires des autres, ils sont dans des établissements bien bourgeois qui ont les moyens. Ils parlent de leurs confrontations avec les parents, quand je n'en entends jamais parler, de pression au niveau de la direction, quand c'est le directeur que je vais voir au moindre problème.

J'ai sincèrement l'impression que je n'ai rien à apprendre ici. Ou du moins, que cette « formation » ne m'apprendra rien de très utile. Et je ne parle même pas de mes heures en temps que documentaliste et de mon unique heure de français, où je suis censée donner la suite du cours d'une collègue, qui ne m'envoie jamais le travail à l'avance.

J'ai l'impression de perdre mon temps.

Impressions à froid, mardi soir

Formatage, plutôt que formation. Ça a beau être organisé par le diocèse, on nous parle tout le temps d'éducation nationale. Le jargon du milieu écorche mes oreilles, et on nous explique clairement ce qu'il faut faire et ne pas faire. Il faut rentrer dans le moule, et faire rentrer les élèves dans le moule avec nous. C'est effrayant, et donne envie de fuir.

Si ce matin j'ai appris davantage de choses, il n'en reste pas moins que les langues anciennes n'existent pas dans ces formations. On les a déjà oubliées, laissées dans le placard, sous couvert de beaux discours. Qu'ils se démerdent donc, ils ne mourront pas sans langues anciennes. Mais qu'ils ne viennent pas se plaindre plus tard, les ignares haut perchés de l'éducation et du ministère. Moi je sais, et égoïstement, ça me suffit.

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Petits matins - Au pied du lit

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Paris, le 26 octobre à 8h27

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