Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

19 septembre 2010

Frater, eris, m

Lui qui d'ordinaire est une si forte tête, lui qui ne laisse souvent rien paraître, ou pas ce genre de choses en tout cas, ce soir a craqué. Il pleurait, comme lorsqu'il était petit. Et il ne pleurait pas d'émotions contenues, mais parce qu'il doutait. La fatigue, l'angoisse, la douleur, la perte, tout s'est amalgamé, et il s'est dit d'un coup qu'il n'avait peut-être pas fait le bon choix quand il en était encore temps.

C'est vrai, souvent, il m'exaspère. J'ai parfois des élans de violence mal contrôlée lorsqu'il m'énerve trop. Je peux être blessante, très. Mais au fond, je l'admire, ce petit frère.

J'ai toujours été tellement fière de le voir danser sans se soucier du Qu'en-dira-t-on. Tellement fière et heureuse de le voir, brillant au milieu de la scène et des autres danseuses, médiocres à ses côtés. Souvent, on me parlait d'une telle, ou de telle autre. Qui est-ce? Demandais-je alors, trop occupée que j'avais été à n'avoir d'yeux que pour ce petit frère si beau dans ce qu'il aimait.

Il a commencé lorsqu'il n'était pas encore à l'école primaire. Et il n'a jamais arrêté, gagnant tous les ans en maturité et en grâce. Il a passé brillamment le collège, malgré les railleries des pré-adolescents, qui savent être méchants comme personne. Il n'en avait que faire. Et le voilà au lycée. Il passe le bac cette année. Et il n'a jamais autant dansé. Il n'a jamais autant aimé ça.

Juste parce que je n'aime pas le voir douter de ses choix, parce que je ne veux pas qu'il balance l'école pour danser – sous prétexte qu'après il sera trop tard – parce que je m'inquiète pour lui. Juste parce que je déteste le voir pleurer, parce que je déteste ressentir au fond de moi ce pincement de le voir lui, d'ordinaire si fort, si affaibli et perdu. Pour ça, je voudrais que la Terre entière, Urbi et orbi, sache qu'il est le meilleur. Oui, c'est le meilleur des petits frères.

Th_o

Posté par incitatus à 20:27 - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires sur Frater, eris, m

  • Je reconnais là un des studios où se déroule le stage de Biarritz... Malgré tous les élèves de danse de l'Opéra qu'il aura pu croiser, il n'est pas trop tard pour se professionnaliser dans la danse après le bac. Surtout pour un garçon. Le meilleur moyen de n'avoir pas de regret, c'est encore de se lancer dans un marathon d'auditions pendant une année. Après, reste à voir si les études que l'on veut faire supportent d'être entamées après un an "off" (sauf à faire une fac qui laisse du temps libre, mais ce n'est pas ce qui se profilait si j'ai bien compris).
    Bon courage à tous les deux

    Posté par mimylasouris, 20 septembre 2010 à 15:05 | Répondre
  • Il est clair qu'il est infiniment plus doué que la demoiselle qui danse en arrière-fond. Mais avec quatre jambes et trois bras, il faut dire qu'il est bigrement avantagé !

    Posté par delest, 20 septembre 2010 à 21:47 | Répondre
  • >>>>

    >> Mimy: j'ai très envie de dire "qui vivra verra", ou un truc du genre... Et je pars toujours du principe qu'il ne faut jamais regretter un choix que l'on a fait. Je sais bien que c'est facile à dire, mais si on se rappelle les raisons qui nous ont poussé à faire un choix, alors - si ces raisons étaient bonnes - on n'a pas à regretter quoi que ce soit. C'est ici la fille-qui-refuse-de-se-prendre-la-tête-et-préfère-ne-pas-penser qui parle!
    >> delest: ah c'est malin, ça! (Quelle demoiselle? Je ne vois, quant à moi, que trois jeunes hommes sur cette photo...)

    Posté par inci, 21 septembre 2010 à 23:44 | Répondre
  • Mais si, la demoiselle de l'affiche avec son tambourin, Inci ! (en même temps, heureusement que je l'ai déjà vue, parce qu'elle est un peu "mangée", tout de même !)

    Sinon, effectivement, il y a de ça : on ne peut pas tout expérimenter et ça ne sert à rien de se demander si la tarte au citron meringuée aurait été meilleure que le fondant au chocolat qu'on a dans la bouche (ce qui ne m'empêche pas d'essayer d'imaginer le goût que cela pourrait avoir - faudra que je fasse un jour un post sur le cerveau d'un estomac sur pattes).

    Posté par mimylasouris, 22 septembre 2010 à 17:58 | Répondre
  • >> Mimy

    Ah okééééé! Je comprends mieux, tout de suite ^^

    Jolie comparaison.
    J'ai envie de tarte au citron meringuée... :'(

    Posté par inci, 22 septembre 2010 à 20:29 | Répondre
  • Argh. On m'avait pourtant bien dit, qu'avant de commenter sur un blog de filles, il fallait IMPÉRATIVEMENT enfiler un scaphandre anti-miettes...

    Posté par delest, 22 septembre 2010 à 23:34 | Répondre
  • >> delest

    Blog de filles, blog de filles, non mais, je ne te permets pas! Pas de catégorisation, que diable! :p
    Et ces commentaires sont des commentaires de morfales, plus que de filles, je trouve... M'enfin, peut-être les mâles n'apprécient-ils point les tartes au citron meringuée??? ^^

    Posté par inci, 23 septembre 2010 à 00:35 | Répondre
  • Nul besoin d'un scaphandre anti-miette, une morfale n'en laisse aucune.

    Posté par mimylasouris, 23 septembre 2010 à 08:38 | Répondre
  • Pour mettre un terme au débat de l'affiche, désolé d'en contre dire, mais il s'agit bien d'un jeune homme jouant à la pelote basque ! Hihihi ^^

    Posté par balthasard, 23 septembre 2010 à 20:43 | Répondre
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