Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

02 octobre 2008

Épître à Papy

Mon petit Papy chéri,

Voilà un début plus personnel que celui qui commençait mes cartes postales, quand j'étais petite, plus personnel que le traditionnel Cher Papi. Je ne sais pourquoi j'ai eu soudain l'envie de t'écrire. Malheureusement, là où tu es aujourd'hui, il n'y a pas d'adresse.

C'est amusant, quand je pouvais encore t'écrire, je ne le faisais que lorsque j'étais en vacances, pour te dire que tout allait bien, et que je m'amusais bien. Maintenant que j'ai grandi, un peu, je crois, je réalise tout ce que je ne t'ai jamais dit, et ne te dirai que dans mes pensées et mes rêves.

Aujourd'hui, j'ai envie de te dire que tu me manques. Je pense souvent à toi, tu sais. Quand je vois cette photo posée à côté de l'aquarium, quand je vois ce sourire si rare dans mes souvenirs d'enfant, je pense à toi.

Vois-tu, aujourd'hui, plus personne ne veut jouer avec moi à la belote. Et avec le temps, les règles se sont enfuies: je ne peux même plus les enseigner à mes amies. Je vous revoie encore, Mamie et toi, sur la table ronde du salon, avec vos amis. Belote. Rebelote. C'est loin tout ça. À Fayence, je ne crois pas y retourner un jour avec tout le monde. Je ne veux plus y aller l'été. Je préfère février. Mais tu sais, Théo s'occupe du potager; on a même eu des tomates l'été dernier! Depuis que tu n'es plus là, le pêcher est mort, et on a arraché ton bébé prunier. La piscine est maintenant sous cloche, et plus personne ne peut plonger du muret: tu n'auras donc pas de successeur, tu resteras seul détenteur du titre.

Maintenant, j'ai mon permis, et dans quelques semaines, cela fera deux ans. Savais-tu que Cécile aussi avait passé le cap? Depuis le mois de mars je crois, elle l'a. D'ailleurs, la voiture que nous préférons conduire, c'est la tienne. Ton Berlingo turquoise, enfin, vert d'eau. Cet été, j'ai été surprise d'y trouver une vieille carte des environs de Savigny. Je suppose qu'elle t'appartient, non?

L'année dernière, j'ai écouté en entier, pour la première fois, ta chanson. Tu sais? Celle qui fait étoile des neiges... je crois bien que je préfère quand c'est toi qui chante.

Dans quelques mois, c'est Noël. On voit déjà des calendriers de l'Avent dans les magasins, c'est étrange. Dans quelques mois, nous serons six autour de la table, où nous aurions dû être sept. À chaque fois que je vais chez Mamie, la maison semble vide. Ou du moins, elle reste silencieuse. Tu serais étonné de voir comme la région a changé! Près de chez toi, le centre commercial pousse comme un champignon, et devant chez moi, ils construisent une résidence. Et il y a une école aussi, qui a été construite dans ton quartier. Si tu étais resté, tu en aurais conçu la charpente, je suppose.

Tu sais Papy, il est tard. J'aurais encore tant de choses à te dire! Malheureusement, une simple soirée ne suffira pas. Et puis, il faut que je garde des choses à te raconter, pour la prochaine fois.

Je t'embrasse très fort. Tu me manques.

L.

Posté par incitatus à 23:48 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Cafard

Je m'ennuie, alors je lis mes vieilles notes de blog, écrites quand j'étais productive en hypokhâgne.
D'un coup, j'ai réalisé une chose: la dernière fois que j'ai vu ma prof d'histoire de lycée, c'était à Fès... Cette étrangeté me donne soudain envie de pleurer.

Posté par incitatus à 22:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Arrière-goût

Des visages souriants, plus ou moins. Du soleil, beaucoup de soleil. Un peu d'alcool, mais pas trop, des quiches et des salades. Des petits groupes. Une tablée. Et ce silence. Ce silence qui s'étire, cet ange que personne n'a invité. Ce silence qui depuis me hante, me reste en travers de la gorge, comme pour m'avertir que ça ne s'est pas bien passé, ou plutôt, que ce n'est pas passé. Alors je n'en parle pas, parce que je n'en ai pas le courage, et j'essaie de ne pas y penser.

Mais un mois cloitrée dans ma chambre, ou presque, et voilà que ça me tourne dans la cervelle, un peu comme un poisson tourne dans son bocal. Je n'en parle pas, alors pas de démenti ou de confirmation. Donc l'impression reste, incertaine, flou, mouvante, amère. Ça fait mal, ou plutôt, ça fait peur. Je ne sais pas.

 

Le silence...

Posté par incitatus à 19:47 - Commentaires [2] - Permalien [#]