mardi 6 mai 2008
Je procrastine.
Ma
montre indique qu'il est plus de dix heures déjà.
Xénophon me lance des appels désespérés
depuis plusieurs semaines. Il me reste moins de
dix-sept heures avant de rendre ma version définitive en
français. Pour me donner contenance et bonne conscience, j'ai
souligné les verbes, ondulé sous les participes et
pointillé sous les infinitifs. Enfermé les coordonnants
dans des bulles et les subordonnants dans des prés carrés.
Chaque nom a trouvé chaussure à son pied et vit
désormais en tête-à-tête avec son article,
à l'abri de ses parenthèses. Bref, j'ai fait le plus
gros. Il ne me reste plus qu'à chercher le vocabulaire
manquant et à traduire. Mais je n'ai pas de courage.
Cela fait plusieurs mois que je me traîne comme une loque, une chiffe molle. Je fais le strict minimum, qui ne suffit pas toujours. Cette impression d'inutilité me pèse sur l'estomac. Qu'est-ce que je veux faire après tout ça? Je n'en sais rien. Je fais, on verra bien. Il n'empêche. Ça me fait peur, et je ne me sens capable de rien. Je ne suis pas capable d'atteindre le niveau dont je rêve. Je ne suis pas assez combative pour ça.
Cette envie de lâcher prise, de me laisser porter par le courant me tenaille. Ce désir d'aller au plus simple et au plus agréable me harponne. Pourtant, je sais que je n'irai pas loin ainsi. Surtout par la voie que j'ai choisie. Le sentier des lettres classiques est long et épineux. Si l'on s'épuise avant l'arrivée, il y a toujours des chemins de traverse, mais qui nous font abandonner notre parcours vers d'autres voies. Et je n'ai pas envie de changer. J'ai juste besoin de courage.
Mais je n'en ai pas.
Commentaires
C'est là qu'est l'os
Comme tu dis, "la vraie question, c'est de savoir ce qu'on veut faire après". Et c'est bien là qu'est mon problème. L'enseignement? Pas au collège: mes propres années dans cet établissement m'ont suffisamment dégoûtée. Au lycée? A l'université? Mouais... je ne m'en sens pas l'étoffe. Je sais qu'il y a de nombreuses autres voies à fouiller, et j'ai dit que dès l'an prochain, je me lancerai à l'assaut des renseignements. Mais en attendant, ça ne me rassérène que très peu.
En tout cas, merci pour ce gentil commentaire ^^
Le grec, "le vietnam des langues anciennes"...
Mais pas question d'abandonner le terrain ! C'est dur la vie de lettres classiques, pourtant on ne voudrait pas faire autre chose...
Accroche toi, c'est une belle filière !
Je m'accrocherai, mais surtout parce que je n'ai ni l'envie, ni le courage changer de voie maintenant! (Trop de fierté, et de lâcheté...)










Augusta per angusta
Mais tu verras, après, on peut se laisser porter par le courant... et perdre tous ses acquis en grec (le latin, je le pratique encore par la force des choses).
Ce qui me console, c'est que je sens que, si je m'y remettais, ça reviendrait vite. Mes conjugaisons doivent être à l'abri dans un coin de ma mémoire...
Les moments de découragement sont nombreux, mais on le surmonte. Et si tu te vautres dans une version, tu en réussiras une autre!
Le même Isocrate m'a valu une note vraiment ridicule au concours de l'ENS et une honorable au CAPES. La vraie question à se poser, c'est peut-être de savoir ce que tu veux faire après...