Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

20 octobre 2006

El Don Juan

« Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
Je partirai... »

... prendre le bus pour aller disserter durant quatre longues heures sur l'Afrique. Ma lecture du livre maudit n'est à cette heure toujours pas achevée, et ne le sera que tardivement, au cours du mois de novembre, voire décembre. Malgré ce magnifique cadeau empoisonné que nous a fait notre merveilleuse prof de géographie, ce soir je suis sortie. J'avais un spectacle de prévu au théâtre. Certes, vous allez me dire que j'aurais pu rester chez moi, à me reposer travailler. Certes! Mais pas quand ledit spectacle s'intitule El Don Juan!

On pourrait appréhender une mise en scène très contemporaine et novatrice du célèbre best-seller de Molière. Mais alors, pourquoi un tel titre? Parce que justement, ce n'est pas du Molière pur et dur! C'est un heureux mélange de plusieurs pièces qui racontent les mésaventures du célèbre ''abuseur''. Depuis la tradition italienne de la Comedia dell'Arte jusqu'à la pièce de M. Poquelin. Le résultat est une pièce très enjouée, bouffonne à souhait, avec toujours la gravité de la fin.

Des décors soignés qui ne sont pas sans rappeler les décors des spectacles de marionnettes, des costumes tout aussi réussis, et, chose particulièrement intéressante, tous les acteurs sont masqués.

don_juan1don_juan2 Des scènes à retenir? Une des dernières, où Don Juan, chez lui, vient de recevoir son père. Entre alors une horde de femmes qui l'assaillent. Lui, perchés sur une chaise-trône, se met debout, les bras en croix, la tête tombante et leur dit: « Voici mon corps! Partagez-le. » Ou encore la fameuse scène dans les bois avec Sganarelle: tous deux sont déguisés: nous avons un Sganarelle en médecin, et un don Juan tout sec et fin comme un haricot en... femme! Mais attention, pas n'importe quelle femme: des collants sans pieds turquoises, des escarpins à talon aiguille et une robe moulante ''ras-du-cul'' (excusez l'expression, mais je n'ai rien trouvé de plus adapté!) à paillettes dorées. Et le mieux dans tout ça, c'est que ça lui allait comme un gant! Je vous le promets! Les poses, les mimiques étaient parfaitement réussies, et à hurler de rire (imaginez-le, ainsi accoutré, avec une épée à la main en train d'égorger je ne sais quel comte!).

Bref (comme dirait Pépin), une réussite totale, et un moment de pur amusement.

PS: les photos ne sont pas celles de la représentation que j'ai vu; Doña Juanita (dixit Sganarelle) n'avait pas de fichu ce soir!

Posté par incitatus à 23:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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