Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

18 août 2006

Art épistolaire ou le plaisir d'écrire

Plaisir d'écrire

Quand j'étais petite, chez ma grand-mère, il y avait toujours un moment consacré à l'écriture des cartes postales. Celle obligatoire pour les parents, puis celles pour les copines dont on a soigneusement noté l'adresse dans son carnet. On fait des brouillons, Mamie les corrige. Toutes commencent par la même chose: « Chère unetelle, Comment ça va? Moi ça va bien. J'espère que tu passe de bonnes vacances... ». Quand on n'a pas d'idées, on recopie le brouillon sur toutes les cartes.

Puis, en grandissant, j'ai conservé cette habitude. Au début, j'écrivais dans l'espoir d'une réponse. Personnellement, je laisse rarement une lettre sans réponse. Maintenant, c'est tout simplement le plaisir d'écrire qui prime. Et le plaisir de faire plaisir. Parce qu'écrire, on peut le faire tout le temps, pour soi, sur un blog. Mais la correspondance écrite a ceci de particulier qu'elle fait plaisir aux deux bouts de la chaîne. Vous pouvez amener le fait qu'il y a aujourd'hui les mails et les sms. Mais il n'y a pas le plaisir de tenir dans ses mains une feuille de papier. L'écriture est en soi une signature, une marque de l'autre bien plus personnelle qu'un surnom écrit à la va-vite au bas d'un courriel.

Et il y a aussi le plaisir que l'on prend à choisir ses mot en fonction du destinataire. Illustrer une feuille vierge avec un motif assorti à la couleur du papier que l'on a choisie pour la personne en particulier. S'appliquer à bien écrire, faire de belles phrases. Puis choisir le timbre pour qu'il ne jure pas avec l'enveloppe. Autant de détails qui sont des clins d'oeil à la personne à laquelle on pense. Un présent que l'on fait à ceux qui nous manquent. Un cadeau qui ne demande qu'un peu de temps et quelques pensées...

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Tous les chemins mènent à Rome...

Toussaint 1998. Je pars en pèlerinage. C'est du moins ainsi que mes grands-parents appellent ce voyage organisé par la paroisse. Destination: Rome. Nous partons de Paris en train couchette. Je suis avec ma cousine, qui a deux ans de plus que moi. Il ne me reste plus grand chose de ce voyage. Un trajet hilarant pour ma cousine et moi qui prenons le train couchette pour la première fois. Nous n'avons pas beaucoup dormi cette nuit-là, écoutant les ronflements du grand-père et les sifflements de la grand-mère. Chaque tunnel nous réveillait, chaque arrêt nous faisait ouvrir les yeux. À Dijon, deux personnes supplémentaires ont achevé de remplir le compartiment.

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Nous sommes hébergés dans un couvent en plein centre de Rome. La liberté s'offre à nous: nos grands-parents ne dorment pas dans la même chambre. Dans la pièce aux murs blancs, deux lits et un lavabo. La salle de bain est sur le pallier. Un soir, j'ai découvert avec stupeur les chips au vinaigre que ma cousine avait apportées. Il me semble qu'à cette époque, elle habitait encore Londres. Maintenant, j'en suis presque sûre, puisqu'elle avait des livres sterling dans son porte-monnaie. Le mien était remplie de lires...

Rome, c'est comment? Pour tout vous dire, je ne sais plus trop. Des rues larges, de grands monuments. Des embouteillages à tous les coins de rue, des scooters par centaines. Les taxis sont en grève, ce qui n'arrange pas nos affaires. Le Colisée, l'arc de Titus, la colonne de Trajan. Quoi d'autre encore? Ah oui, Saint Pierre de Rome, sous les échafaudages. La chapelle Sixtine. Le Moïse de Michel Ange. La fontaine de Trévi. La Place Navone. Le port d'Ostie et ses mosaïques. Une messe: celle de la Toussaint, sur le parvis de Saint Pierre. Messe dite par le Pape Jean-Paul II.

Catacombes

Une visite cependant reste ancrée dans ma mémoire: celle des catacombes. Des sœurs nous accueillent. On s'enfonce sous terre, la bonne sœur nous guide avec sa lampe torche. Si elle s'éteint, nous sommes dans le noir complet. Il faut la suivre et ne pas la quitter des yeux, sinon nous risquons de nous perdre dans ce labyrinthe. Des os restent à certains endroits, à d'autres, ce sont des squelettes entiers. Nous arrivons dans une chapelle ou nous célébrons une messe. C'est étrange de célébrer une messe sous terre, au milieu de tombes. Chacun a sa bougie.

Rome catacombes

Voilà mes souvenirs de Rome, c'est bien peu. Le voyage du retour? J'ai dormi... tous les lieux évoqués ici? Des photos que j'ai revues. Le seul vrai souvenir reste celui de la messe dans les catacombes. Ce voyage s'appelait pèlerinage, mais je l'ai fait pour voir Rome, non parce que j'ai eu une crise de foi à ce moment-là! (excusez ce mauvais jeu de mots, mais je suis un peu fatiguée).

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